• COUP DE GUEULE

LES FÉMINICIDES : UN CRIME PASSIONNEL ?

PAR ELOÏSE MAILLOT.

Traduction : L'amour n'est pas censé faire mal.

Bientôt la fin de l'année... avec son lot de rendez-vous festifs en famille pour les plus chanceux ou malheureux... Les jours défilent... à l'image des corps des femmes en France qui tombent TOUS LES 2,5 JOURS sous les coups de leurs conjoints.

Joyeux Noël les femmes !




Mari ? Mec ? Concubin, sex friend, pacsé, fiancé, petit-ami (ancien ou actuel) ?

Vous êtes une femme ? Vous avez le choix... Tout ce qui est plus poilu et plus fort que vous fera l'affaire et peut être mis dans le grand sac fourre-tout des violences conjuguales.



BALANCE TON DÉPÔT DE PLAINTE


En moyenne, le nombre de femmes âgées de 18 à 75 ans qui au cours d’une année sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel partenaire intime, est estimé à 219 000 femmes*.


3 femmes victimes sur 4 déclarent avoir subi des faits de violences répétés.

8 femmes victimes sur 10 déclarent avoir également été soumises à des atteintes psychologiques ou des agressions verbales.

(*Chiffres du Secrétariat d'État chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations).


À Oberhoffen-sur-Moder (Bas Rhin) a eu lieu le 131è meurtre d'une femme par son conjoint depuis le début de l'année. Sylvia Walter a été tuée par son mari à l'âge de 40 ans dimanche soir à coups de couteau.

Sa fille Stella témoigne après avoir vu sa mère mourir devant ses yeux :


"Personne n'a voulu nous écouter".



LE CRIME PASSIONNEL, UN OXYMORE ?


Que disent ces assassinats récurrents de femmes sur notre société et sur notre rapport hommes/femmes ?


Après les crime d'honneurs, les crimes passionnels !

Réfléchissons à ce terme de crime passionnel.

Depuis toujours, il encrasse le débat et excuse dans sa formulation même, l'acte suprême d'ôter la vie à quelqu'un, sous couvert d'une folie amoureuse presque sacralisée. C'est vrai, après tout, quelle plus belle mise à mort que de mourir d'aimer quand les parois de notre vie s'enlisent... ?

D'accord chéri, mais toi d'abord.

Nous savons aussi être galantes, nous les femmes.

Le mythe fondateur de l'homme fou d'amour, épris de grandeur d'âme et qui dans un acte ultime de désespoir, laisse parler façon tragédie antique, sa main qu'il abat ou son couteau qu'il plante tel un expédient de son sexe en berne et flétri, et qui drapé dans son désespoir, apporte le coup fatal à celle qu'il chérit, avant de se donner la mort : Vous y croyez, vous ?


Loin de La Vérité d'Henri-Georges Clouzot, dans lequel Brigitte Bardot assène les coups mortels à Sami Frey puis retourne désespérément son arme contre elle pour ne réaliser - Ô drame - qu'il ne reste plus de balles dans le revolver - plus une seule pour elle et court ainsi se mettre la tête dans le four... prouve que n'est pas un génie de la mise en scène et du scénario amoureux... qui veut. Ces crimes passionnels dont on espère ne plus jamais lire le qualificatif dans les médias, ni prononcer le mot dans la sentence du juge, commencent peu à peu à laisser place au terme de féminicide.


Alors nommons bien ces actes :

Des assassins, ivres de pouvoir sur leur victime et l'objet de leur perversité, tuent dans un acte de toute puissance ultime, leur proie, afin qu'elle ne puisse plus jamais leur échapper.

Oui des pervers, manipulateurs et très conscients de ce qu'ils font subir à leur femme, jour après jour après jour après jour... La psychiatrisation des assassins n'a pas sa place dans la dernière scène du film, ni dans les médias ni dans les commissariats, ni dans les tribunaux sous prétexte que c'est une femme qui est assassinée. Pas des fous mais des hommes conscients de leur force physique qui abusent lentement et assassinent petit à petit en toute conscience, les victimes prises dans leurs filets jusqu'au coup fatal.


Petit mémo : L'amour n'est pas l'appropriation de l'un par l'autre. Il est le consentement mutuel entre deux êtres constamment reconnu et confirmé.


Si la justice accorde sa clémence en vertu d'un crime dit passionnel, c'est qu'elle véhicule et encourage l'idée que dans l'amour, l'un pourrait être la propriété de l'autre, tel un objet. Ce qui est évidemment inacceptable.


Aucun fatum dans ces histoires qui ne sont que sordides et qui se déroulent dans tous les milieux socio-culturels, très loin des tragédies greco-romaines malgré ce que l'on voudrait nous faire croire....


Pas de destin mis en route, dont l'humain serait objet de la volonté divine...

Oedipe et Sisyphe peuvent dormir tranquilles.





LE 3919


Le début de la solution ?

Le 3919 est une ligne d'écoute pour les victimes uniquement.


Ce numéro national gratuit, mis en place par le gouvernement pour les femmes victimes de violences, vous invite immédiatement sur son standard d'accueil via la voix enregistrée d'une femme, à appeler 'en cas d'urgence', le 17 ou le 112.

Vous pouvez les contacter si vous êtes également témoin ou victime de violences... mais après vous être faite rouée de coups c'est quand même mieux ou entre deux tours sur le ring de boxe, pour celles qui voudront bien patienter. L'efficacité rétroactive.


Bon, on les appelle ensemble ?


Après un petit test appel auprès du numéro sésame et 2 minutes 23 secondes d'attente (j'ai eu le temps de me faire les ongles) - ne surtout pas être pressée ni avoir un assassin qui vous court après donc - RIEN ne s'est ouvert... Ni la discussion ni l'autre numéro vers lequel j'ai été orientée (le standard : 01 40 33 80 90).

Pas même la caverne d'Ali Baba, restée porte close. Dommage, j'aurais aimé voir le sourire de Fernandel devant le magot.



CA NE ME REGARDE PAS


Les coups que l’on voit. Suppose. Ou Entend, portés contre un enfant, une femme et un animal... nous regardent tous ! Dans la rue, au-dessus de notre tête jusque sur les bancs de l'école.

Intervenez.

Arrêtez-vous.

Frappez aux portes des appartements.

Dénoncez.

Appelez la police et insistez.

La peur et la honte doivent changer de camp.


De vraies mesures de protection, d'accueil et d’écoute quand les femmes portent plainte dans les commissariats, doivent être mises en place. Les policiers doivent être formés. C'est l'agresseur qui doit être obligé de quitter les lieux, pas la victime ni les enfants. Les femmes restent car elles sont souvent dépendantes matériellement.


Et si tu me lis, toi le mâle en proie à la passion amoureuse destructrice qui te mènera peut-être à assassiner ta femme, un conseil pour le jour J, suicide-toi avant.


Eloïse Maillot


PS : On ne te pleurera pas.


#stopviolence #stopviolenceagainstwomen #violenceconjugale #violencesfaitesauxfemmes #feminicide #féminicides #femmes #women #womenrights #girls #filles #feminisme #feminist #feministe #metoo #grenelleviolencesconjugales #vegan #droitdesfemmes


  • Instagram Nouvelle Veg
  • Twitter Nouvelle Veg
  • Facebook Nouvelle Veg

© 2019 by Nouvelle Veg 2019. All rights Reserved