• CHRONIQUE

BAS LES MASQUES

PAR FRANCE NESPO.


Vous l’auriez cru, vous, qu’un jour vous devriez sortir dans les rues de votre quartier, parfois les rues de votre enfance, affublée d’un masque sur la figure et votre laissez-passer dans la poche de votre jean ? Vous l’auriez cru ?




Moi pas.


Je perds la tête, j’ai fait ce rêve étrange.

C’était le jour, c’était la nuit.

Nuit et jour c’était pareil. Une bande de cinglés avaient pris le pouvoir sur la Planète, soudainement transformée en un vaste hôpital.


Tu nais, tu vis, tu meurs et dans les intervalles, dix fois par jour, on te fout des cotons dans le nez pour mesurer ton taux de charge virale et selon la dose, un thermomètre dans le cul – pas pratique, pour marcher – mais quoi, te plains pas, tu peux avancer, peut-être même marcher, deux-trois minutes dans la rue, deux quarts d’heure voire trois ( calcule ), et en progressant, tu apprends à ton petit chien adoré à ne pas tourner en rond sur lui-même. Il veut te faire plaisir, tu comprends ?


Par exemple ne pas aller trop loin devant toi, sinon, tu sors de ton tracé que tu as dessiné sur l’honneur et sur le papier gouvernemental, et tu casques 200 balles qui vont aller direct dans les caisses de l’État pour reconstruire des hôpitaux, acheter les milliards de masques que la Chine fait coudre dare-dare du côté de Wuhan (les Chinois exploités ils les ont sur place, commode, non ? ) sachant que tourner en rond sur lui-même représente pour un carlin petit toutou rondouillard, une sacrée gageure. (Prononcer « U », comme un gars qui JURE, ga-jure, OK ?).

200 balles, eh, dites donc, c’est pas donné, le pas de côté.

Mais ... faut comprendre. C’est un argent très utile, pas seulement pour rétablir les maisons de santé qu’on a fait disparaitre méthodiquement pendant, pendant quoi, vingt, trente, quarante ans et aussi pour offrir ses maquillages à Emmanuel, ses belles coiffures à Brigitte et ses chignons à Mrs Buzyn, ah non, jsuis bête, celle-là elle a disparu du paysage municipal et national : total burn out.


Confinée.


Et ça, t’as rien à dire, Gavroche. Même Victor Hugo il serait pas d’accord avec toi. C’est pas la faute à Voltaire, c’est pas la faute à Rousseau, c’est celle à Griveaux, qu’il en a une qu’elle est trop belle. Au point qu’il est même pas sûr qu’elle soit à lui. Alors, trop grand admirateur de sa propre quéquette, il se la filme en boucle pour qu’on en profite aussi. Ben quoi, c’est pas la vraie démocratie, ça ?

Dans la rue, tu dirais bien que les gens font la gueule, sauf que leur gueule, tu la vois pas. À cause du masque, of course. Et aussi parce qu’ils baissent les yeux, comme s’ils avaient honte. C’est sûr, ils ont fait une grosse bêtise.

Mais honte de quoi au juste, exactement ?



C'EST QUOI LA NOUVELLE RELIGION DE MA RUE LAÏQUE ?

Ici, dans ce pays hexagonal, il n’existait pas de religion d’État.


Les mosquées, les églises, les Cathédrales, les Temples, les Évangélistes - ils se tiennent tous bien tassés les uns contre les autres, ils imaginent que l’union fait la force, en toute logique ils sont donc des milliers réunis sur n’importe quel coin du monde où, foulant la terre ici, là, en haut, en bas, à l’est, à l’ouest, de la plante de leurs pieds forcément pas très propres, ils se déclarent chez eux, à Mulhouse autant qu’à Ajaccio – c’est beau, la mer avec l’accent corse et pan, c’est la pandémie.

« Je subis un bombardement d’amour » confie CINDY (voir le Site du Figaro, Nov 2019) dont les parents devaient préférer Walt Disney (que n’a-t-elle suivi leur voie, ç’eut été pour nous tous moins risqué, moins dangereux) et de fait, les retombées atomiques de cet amour infini se transforment en parcelles de virus merdique qui s’étend, cavale, cavale et mutatis mutandis, les choses étant ce qu’elles sont

mais ne demeurant jamais fixes et stables, - d’où les meilleures raisons d’espérer : attendez de voir si, un peu plus loin vous aurez la bonne surprise de vous réveiller vivant à la fin de ce cauchemar, cela voudra dire que vous n’êtes pas mort) – comme par essence tout virus mute et se transforme, le connardovirus , enfin dénaturé par le confinement, s’éteindra de lui-même quand vous n’aurez plus de doigts au bout de vos pauvres paumes, à moins que, à moins que ...

Peut-être avez-vous eu la présence d’esprit, pour oser abandonner la Secte des Évangélistes finalement pas très sympatoche, de vous affilier à celle de Shiva, déesse mortifère mais en même temps reproductrice de la vie qui orne de façon pour le moins ambivalente son cou de la tête de mort, grande triomphatrice des multiples autres visages femelles ou mâles ( rendez hommage, je vous prie à l’inventrice de la LGBT) de SHIVA, qui très originalement, lie au Calvaire de la mort dans mille souffrances, la splendeur de la Résurrection.

C’est donc toujours la même histoire recommencée en boucle.


Cherchez le mot INFLUENZA sur WIKIPEDIA, et vous comprendrez tout sur les grandes vagues virales qui ont décimé des milliers d’humains (tiens, tiens, sur ce monde-là, ce sont les humains qui trinquent, pas toujours les Animaux, hein ?) depuis que les bipèdes se sont déplacés par hordes sur la Planète Terre.


Conquérants et victimes tout à la fois de leur agglutinement de Continents en Continents bientôt tous plastifiés, vive le tourisme de masse conçu comme une industrie, les avions cargos de plus en plus lourds, de plus en plus gros, les bateaux-croisières embarquant dès Saint-Nazaire des dizaines de milliers d’humains déjà gravement atteints par le terrifiant connardovirus ( ça pourrait être quoi d’autre pour aller comme des Évangélistes s’entasser dans des espaces déjà si confinés que si t’es pas un peu, un tout p’tit peu claustro, tu le deviens définitivement et plus jamais tu prends le métro, un ascenseur même seulement d’un rez-de-chaussée à un 1er étage, pas même un TRAIN – sauf si c’est toi le Conducteur, et alors TU décides quand on s’arrête et quand tout le monde descend).

Tu marches dans ton rêve avec ton papier qui ne te donne maintenant plus droit qu’à vingt pas devant, à gauche, arrière, avec ton petit chien devenu vieux, vieux, vieux parce que si gros, gros, gros, il ne peut plus marcher et seulement rouler et là, aïe, aïe, qu’est-ce que tu fous, PADDINGTON, ça ne va pas, de vouloir sauter dans mon lit ? Tu m’as fait tomber, pestochon.

Et ben oui. Bébé a huit mois, maintenant. Il parvient à sauter sur votre délicate couette rose en Toile de Jouy, parsemée de bergers

et de bergères qui vont se prélasser au bord des cours d’eau tandis que de charmants moutons qu’ils ne mangeront jamais, taillent l’herbe en lieu et place des tondeuses ravageuses qui empêchent les siestes songeuses.


Les animaux, les plantes et les humanoïdes ont repris leurs emplacements de la vie protégée jamais plus menacée.


Les enfants jouent au ballon avec Michel Hidalgo comme bienveillant Capitaine, et Jacques Prévert remercie le Dieu du hasard et de la nécessité de lui avoir évité de mourir d’une grippe espagnole qui n’avait d’Ibérique que le nom. Car celle-là aussi était asiatique.

Raciste, moi ? Quelle blague. Quand la population de Wuhan cessera de disséminer ses virus immondes en voulant bouffer les Pangolins sauce gribiche souris chauves, quand elle cessera de mettre en cage des Chiens hurlant de terreur pour être sur les étals découpés, ébouillantés, scalpélisés, cuits et grillés pour passer dans les assiettes de la population locale, promis juré, je me convertis. J’adopte la cuisine chinoise.

Note-bene

Je vous invite même alors à venir bouffer chez moi ma divine soupe Thaï, je dois dire, Vegan de chez Vegan.

Parce que ... – ah oui ! – quand PADDINGTON m’a réveillée en sautant pour la première fois de sa vie et de la mienne sur mon lit, et que je me suis aperçue que j’étais vivante, je me suis aussi souvenue d’un détail. Je suis une nana. Une femme, quoi. Une vraie. La preuve ? Statistiquement, nous sommes moins impactées par le connardovirus.

C’est sûrement parce que nous nous tapons les vaisselles, rinçage

des légumes et autres multiples occasions de mettre les mains dans l’eau. Occasions que n’ont pas les hommes autant que nous, les femelles. Et je vous dis pas si je n’étais pas sortie du corps de SHIVA. Parce que ça en faisait, des mains et des doigts à laver. Le vrai cauchemar du connardovirus.


Merci, PADDINGTON, de m’avoir déconnardisée. Merci, mon petit chien d’amour.

Tout autre chose : je vous signale que dans mon rêve affreux, rouges-gorges et rossignols étaient revenus chanter sur mon balcon, l’air de mon Paris adoré était devenu aussi léger que celui du pays angevin, et les aurores semblaient ramener de la mer les rires des dauphins et les chants des baleines tout au long de la Seine.


Ah ! bon ? Vous aussi ?

Mais alors, nous avons fait le même rêve ?

France Nespo


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