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La France interdit les appellations 'steak', 'lardon', 'nugget' et 'saucisse' pour la viande vegan

par Eloïse Maillot.

Les lobbies de la viande ont gagné cette bataille. Sous l'argument de la transparence normalement due au consommateur, ces termes jugés trompeurs seront interdits, et ce, dès le 1er octobre 2022. Oui mais, la transparence, jusqu'où ?





« Il ne sera pas possible d'utiliser la terminologie propre aux secteurs traditionnellement associés à la viande et au poisson pour désigner des produits n'appartenant pas au règne animal", indique le décret du jeudi 30 juin paru au Journal Officiel.


Le texte du décret dans le cadre de la loi appelée ' Transparence de l'information sur les produits agricoles et alimentaires' entre vigueur le 1er octobre 2022, mais permet la commercialisation des "denrées fabriquées ou étiquetées" avant cette date jusqu'au 31 décembre 2023 au plus tard.

Celui-ci précise que les produits " légalement fabriqués ou commercialisés dans un autre État membre de l'Union européenne ou en Turquie, ou légalement fabriqués dans un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen, ne sont pas soumis aux exigences du présent décret".


Ha qu'elle est belle la bonne vieille tradition française du jambon beurre, ou du rôti de porc 'bien d’chez nous' et à la bonne franquette !


Au fait, depuis quand avez-vous vu un cochon en vraie pour la dernière fois, vous !? 95% des porcs et des truies - première viande consommée en France - sont enfermés et ne voient jamais le jour. On y croirait presque encore à la bonne cochonnaille franchouillarde faite par notre grand-mère, qui tue elle-même l'animal nourri aux châtaignes (la petite grand-mère est corse, comme moi donc le cochon sauvage a une chair bien sucrée et fleurie qui respire le maquis), de ses petites mains rabougries par l'arthrite. Avez-vous déjà entendu les cris d'un cochon qu'on égorge et son regard juste avant ? Moi, oui. À m'en boucher les oreilles. Avis à toutes tentatives de sortir la carte des veg Bisounours - ils sont vraiment niais ces mangeurs de carottes -, un petit séjour en abattoir vous rafraîchira les neurones...


Si l'enfer existe, les animaux recouvrent le parterre de cet antre de l'horreur où l'odeur de la barbaque, écœurante et qui perdure jusque chez vous le soir venu, viendra avec ses effluves vous chatouiller vos petites narines délicates (qui est le Bisounours ?). Peut-être même en ressortirez-vous végétariens, avec des douleurs au dos et aux bras, en options pas si rares, après avoir fait des cauchemars chaque nuit... peut-être deviendrez-vous alcoolique après avoir obtenu le poste le mieux payé dans la chaîne industrielle dénoncée par les Bisounours, puisque vous aurez obtenu le premier poste de cordée - celui qui tue l'animale - celui aussi qui tient le moins longtemps - on se demande pourquoi - de ce paradis aux murs rose et bleu qui font rêver notre petite grand-mère bleu blanc rouge...

Idéologie ? Non, factuel.

Et pourtant, je l’aime la France (J’entends déjà les voix de mes contradicteurs…)



Un Incipit pour la FNSEA qui estime cette avancée " insuffisante " et demande que Bruxelles légifère dessus afin de l’étendre aux filières animales européennes, concernant également la viande animale cellulaire de laboratoire, de synthèse et fongique.



L’Union européenne autorise l’utilisation des termes traditionnellement utilisés pour les animaux concernant les protéines végétales, mais interdit l’utilisation du mot lait, fromage ou yaourt par les marques véganes. Ne confondez donc pas votre ´lait démaquillant’ avec votre ´lait de soja’ demain matin .


L'association L214 a décliné une série de termes trompeurs sur son compte instagram qui définissent la nourriture : fruits de mer, beurre de cacahuète, caviar d’aubergine



Alors, au risque de radoter, parce que nous trouvons que cela ne va pas assez loin en termes de transparence - mettons de côté l'argument de la cruauté animale, celui de la santé des humains qui y travaillent dans des conditions déplorables, celui de l'hygiène - on propose plus... on propose mieux... la transparence totale, celle-là même qui est due aux consommateurs.

Qu'Emmanuel Macron tienne ses promesses de campagne : À quand Manu, des caméras dans les abattoirs pour le respect du consommateur - souverain si j’ai bien compris ? - afin de montrer le travail de l'industrie agro-alimentaire ? De quoi avez-vous peur ?


La vraie transparence induit la notion de choix. Comment les consommateurs peuvent-ils choisir ce qu'ils ne voient pas et que toute une industrie et des décrets, leur cachent ?


Eloïse Maillot

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