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LA GRANDE ENQUÊTE SUR LES PRODUITS VEGGIE : QUELLES SONT LES MEILLEURES MARQUES VEG À ACHETER ?

PAR ELOÏSE MAILLOT.

Copyright : CLCV

La CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie), l'Association nationale indépendante de défense des consommateurs et usagers depuis 1952, a enquêté de début avril à fin juin 2020, sur 95 plats à base de végétaux (soja, légumes, légumineuses, céréales) dans les drive de 16 enseignes*. Les résultats sont sortis dans la presse le 28 septembre 2020.

Conclusion ?





*Les 16 enseignes concernées : Auchan, Bio c Bon, Biocoop, Carrefour, Casino, Cora, Franprix, Hyper U, Intermarché, La Vie Claire, Leader Price, Leclerc, Lidl, Monoprix, Naturalia et Picard.


De plus en plus de produits végétariens et végétaliens sont proposés à la vente aux vegan mais aussi aux consommateurs souhaitant manger moins de viande. Les géants de l'industrie agro-alimentaire se sont emparés de ce marché juteux, véritable manne financière et filière d'avenir et surfent sur cette mouvance en sortant chacun leur gamme veggie dans les rayons des supermarchés français.



Alors que les médias mainstream ont récemment tous titré leurs articles sous l'angle du ''taux moyen de 39% de végétaux composant ces alternatives vegan" - nouvelle peu réjouissante - il faut rappeler deux points essentiels et incontournables :

  • Ces produits sont issus de l'industrie agro-alimentaire qui use des mêmes procédés que pour les produits non vegan. Rien de neuf sous le soleil ! Une rentabilité maximale avec des matières premières le moins cher possible. MAIS... certaines marques s'en sortent très bien grâce à une offre très qualitative et de bons produits, ainsi cette moyenne de 39% fausse la donne et fait chuter les bons élèves ! Il serait nécessaire d'apporter plus de nuances dans l'angle et l'approche journalistique face aux résultats de cette enquête très intéressante.

  • Le ''régime végétalien" ne met-il pas en exergue le principe de manger sainement des produits clean le moins transformé possible ?



RÉSULTATS DE L'ENQUÊTE


Sur les 95 références, 53 sont des marques nationales. L'enquête a été menée selon 3 catégories :

  • Les galettes végétales à base de soja, céréales, légumes et légumineuses.

  • Les imitations viande : steak, boulettes, saucisses, haché, tofu...

  • Les produits panés : nuggets, escalopes, cordons-bleus...

Le grand gagnant ? Les galettes végétales et les marques Hari&Co, Intermarché, Soja Sun et Bjorg en bons élèves.

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Le grand perdant ? Les produits panés et les marques Herta, Sojade et Le Gaulois, et les imitations viandes, en derniers de la classe.

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La CLCV dans son rapport, pose 3 questions :

  • Que contiennent exactement ces produits ?

  • D’où proviennent les ingrédients ?

  • Sont-ils si sains qu’ils en ont l’air ?


Les produits étudiés sont plutôt bons d’un point de vue nutritionnel : 83% sont notés A ou B. Les produits panés sont notés en C ou D à 37%. Aucun produit ne se trouve dans la dernière classe du Nutri-Score (E).


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  • Les produits contiennent en moyenne 39 % d’ingrédients d’origine végétale, le reste des ingrédients étant de l’eau, des matières grasses et des additifs. (8 produits sur 10 en contiennent au moins). Selon l'enquête, les galettes végétales contiennent le plus d'ingrédients d'origine végétale (53 %), les produits panés et imitations viande en contiennent beaucoup moins (respectivement 34 % et 30 %).

À nouveau, les galettes végétales se distinguent positivement.

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Exemple : Un même produit sera très qualitatif dans une marque alors que dans autre marque, il ne le sera pas du tout. Les steaks de soja Sojasun contiennent 67% d’ingrédients d’origine végétale contre seulement 11.6% pour les steaks de soja de la marque Herta !

  • La grande majorité des produits (80 %) contient au moins un additif, alors que les imitations viande en contiennent en moyenne deux.

  • Un tiers des produits présente des mentions liées à l’origine mais seulement 40 % des produits contenant du soja indiquent son origine. À nouveau, les galettes végétales se distinguent avec plus de transparence sur l’origine du soja : 78 % l'indiquent contre 38 % pour les imitations viande et 20 % seulement pour les produits panés.

  • Les galettes végétales sont les moins chères, en moyenne 14 €/kg alors qu’elles présentent un meilleur profil nutritionnel, contiennent moins d’additifs, une quantité plus importante d’ingrédients d’origine végétale et une plus grande proportion d’ingrédients d’origine française que les produits panés et les produits d’imitation viande qui sont tous les deux en moyenne à 16 €/kg.

  • L'étude montre une faible corrélation entre le prix et la qualité nutritionnelle, la quantité d’ingrédients d’origine végétale, la quantité d’additifs et l’origine française du soja.

  • L'enquête fait également le constat en comparant les prix des steaks végétaux avec ceux de la viande : Le kilo de steak végétal est à 13 €/kg contre 10.5 €/kg pour son homologue animal.

Le souci concernant le soja, les légumineuses et les céréales, est que certains produits indiquent seulement la quantité d’ingrédient réhydraté, mais non le poids réel de l’ingrédient utilisé.


Concernant les additifs, principalement des texturants, l'enquête précise qu'ils sont très utilisés dans ce type de produits afin de se rapprocher le plus possible de la consistance d’un steak de viande, ce que ne permettent pas les protéines végétales seules dans la plupart des cas. Parmi ces texturants, la méthylcellulose est majoritairement utilisée sauf dans les produits bio dans lesquels cet additif est interdit. Elle peut être employée comme épaississant, gélifiant, stabilisant ou encore comme agent d’enrobage dans les produits alimentaires. Cet additif a été réévalué sans risque par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) en 2017.


Hari&Co et Bjorg, n'utilisent aucun additif dans leurs galettes végétales.

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Notons que 19 produits sur les 95 testés, ne contiennent aucun additif : 11 sont des galettes végétales.


Sur les 24 produits qui font référence à un lieu de fabrication, seulement un tiers d’entre eux respectent le nouveau règlement européen en indiquant l’origine des ingrédients principaux, souvent le soja.



LE PROBLÈME DU SOJA


L'enquête soulève un autre point important, celui du soja présent dans 54% des produits étudiés. Son principal problème ? La culture de cette plante oléagineuse est responsable de la déforestation, en Argentine, aux États-Unis et dans la forêt amazonienne au Brésil, elle pollue également les fleuves et les rivières.

D’après le bilan de la campagne 2019-2020 de FranceAgriMer4, la France a produit 429 000 tonnes de soja et en a importé 585 000 tonnes dont la très grande majorité provient de pays tiers (hors UE). 70% du soja produit dans le monde est utilisé pour l’alimentation des animaux soit les trois quarts, des sous-aliments protéinés appelés tourteaux de soja (ce qui reste après l'extraction d'huile suite au procédé de la trituration, l'ensemble des étapes pour transformer le soja).


La culture du soja en France est garantie sans OGM, car interdits sur le territoire. Si sa culture pose un problème écologique car elle intervient sous forme de monoculture intensive, sa consommation touche tous les consommateurs qui selon WWF, en mangent 61 kg par an principalement sous forme de produits animaux (viande, œufs, produits laitiers et poissons d’élevage).


Or, sur les 51 produits contenant du soja, 60% ne précisent pas son origine !

Ce sont à nouveau les galettes végétales qui sont les plus transparentes sur l’origine du soja (78%).


L'enquête avance également le problème des produits veggie faisant référence aux appellations des produits carnés, pouvant tromper le consommateur.

Les lobbies de la viande récupèrent également de leur côté et ce, depuis plus d'un an comme nous avons pu le voir au Salon de l'Agriculture et au travers de différentes campagnes de publicités, une partie du vocabulaire et des arguments issue de ces nouvelles habitudes de consommation, tel que le terme flexitarien, afin de ne pas d’attirer ces nouveaux acheteurs consommacteurs vers leurs produits.


Le problème des labels est également soulevé, il n’existe pas au niveau européen de définition arrêtée des termes « végétarien » et « vegan », mais des logos privés.

L’origine animale de certains additifs n’est pas précisée et peut aussi tromper les consommateurs.


Des logos plus officiels créés par des organismes associatifs avec un cahier des charges et des contrôles réalisés par des organismes privés, existent et apparaissent sur 69% des produits testés.

Le V-Label, un des plus connus, se décline en deux versions : végétarien et vegan, créé par L’Union Végétarienne Européenne (EVU), organisme certificateur pour les produits végétariens ou végétaliens. Parmi les critères à respecter : pas de produits issus d’abattoirs, pas d’arômes d’origine animale, pas de graisses issues de poissons, pas d’OGM…




Ce que dit également l'enquête, c'est que le prix n'est pas forcément un gage de qualité et que le bio peut être jusqu'à deux fois plus cher.


Autre élément important, et constat réjouissant, la teneur en protéines d'un steak végétal est identique à celle d’un steak de bœuf 15% MG. Par ailleurs, les steaks végétaux sont 3 fois plus riches en fibres que le steak de bœuf et plus pauvres en matières grasses, y compris en acides gras saturés, dont la consommation en excès favorise les maladies cardiovasculaires. En revanche, les steaks végétaux industriels sont plus riches en sucres et en sel.



LES DEMANDES DE LA CLCV AUX INDUSTRIELS


Suite à cette enquête, la CLCV demande la création d’un label officiel reconnu par l’État, au même titre que les signes officiels de qualité existants (AB, Label Rouge…), avec un cahier des charges commun et contrôlé par des organismes indépendants afin d’apporter une information fiable et claire pour le consommateur.


Elle appelle également les industriels et distributeurs à s’engager dans la démarche du Nutri-Score, et plus particulièrement les enseignes spécialisées bio qui sont à la traîne. Afficher le Nutri-score permet aux consommateurs d’être mieux informés sur la qualité nutritionnelle des produits qu’ils achètent et de comparer rapidement les produits alimentaires entre eux. Mais également fait le souhait de plus de transparence, surtout pour les produits jouant sur l'appellation Fait en France.


Elle demande également des contrôles à la DGCCRF (la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la répression des fraudes) afin de renforcer les contrôles sur les produits d’origine végétale.


Pour conclure, l'enquête propose une recette de steak végétal à faire soi-même ! Qui dit mieux... ?



Eloïse Maillot

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N° ISSN 2739-8757