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'LIONS' PAR LAURENT BAHEUX : INTERVIEW ET REPORTAGE PHOTOS

PAR ELOÏSE MAILLOT.

Lion looking at bird, Tanzania 2018 © Laurent Baheux

Laurent Baheux est un photographe dont le travail se distingue immédiatement dans le paysage des reporters photos animaliers. Autodidacte passionné, il se définit comme photographe français de la vie sauvage grâce à de magnifiques témoignages de la faune africaine. Le roi des animaux est au coeur de son livre et de sa prochaine exposition...






Depuis quand prenez-vous des photos d'animaux sauvages ?

Depuis début 2002, ça fait 18 ans. J étais photographe de sport et je m'octroyais plusieurs respirations en Afrique et puis la vie sauvage des animaux a pris le pas.


Lionne à l'affût, Tanzania 2018 © Laurent Baheux

Donc vous êtes autodidacte ?

Absolument.


Pourquoi cette passion pour les lions ?

Le lion est l'animal emblématique de l'Afrique, un prédateur incontournable. Il a un peu le droit de vie et de mort sur toutes les autres espèces qui peuplent le continent africain. C'est un animal qu'on ne peut pas ignorer. J'ai fait de nombreux ouvrages sur la faune africaine. Il me paraissait indispensable d'en faire un uniquement dédié aux lions. Il a été particulièrement menacé. Mais aussi pour la perte de son habitat naturel et sa cohabitation, de plus en plus difficile avec l'homme et ses activités. Pour le braconnage et le trafic illégal à destination de la pseudo médecine traditionnelle chinoise.


Dos de lion, Tanzania 2018 © Laurent Baheux

Vous allez régulièrement en Afrique ?

J'y retourne plusieurs fois par an.


Que vous a apporté le terrain sur la connaissance de la biodiversité ?

Je ne suis pas naturaliste de formation ni un scientifique, je me base sur l'observation des animaux sauvages, dans leur milieu naturel. Je vois qu'un peu partout où je suis passé, partout où l'homme progresse, la nature recule au détriment de la vie sauvage. C'est le même constat malheureusement. On a du mal à laisser les habitats de l'espace pour toutes ces espèces sauvages. Il n'y a même pas besoin de les chasser ou de les braconner, elles disparaissent d'elles-mêmes. Elles n'ont plus de proies pour chasser, se retrouvent en concurrence avec d 'autres prédateurs.

Le lion s'en sort plutôt bien, mais je pense au guépard ou au léopard qui ne font pas le poids, face au lui. Il y a même une concurrence entre clans de lions. Ils vont se retrouver trop nombreux sur le même territoire, ça va devenir compliqué.


Smile or die, Kenya 2019 © Laurent Baheux

Vous prenez des positions publiques via vos photos, sur le contexte actuel, avez-vous des messages qui vous tiennent à coeur en tant que vrai témoin de la vie sauvage ?

Par rapport au virus, on a joué aux apprentis sorciers à force de faire du trafic d'animaux sauvages pour les consommer. Ça se retourne contre nous, comme avec le pangolin. On sait qu'il y a des espèces qui ne devraient pas être en contact avec l'homme, mais qu'on va dénicher dans leur habitat sauvage pour les consommer ou faire du trafic. C'était un peu prévisible malheureusement. Nous allons avoir d'autres cas comme ça, si on ne change pas notre relation à la nature et à l'animal.


Preuve d'amour, Kenya 2014 © Laurent Baheux

Que pensez-vous du confinement ?

Le confinement m'inspire sur la captivité, celle qu'on fait subir aux animaux pour les exploiter à des fins de divertissement dans les cirques ou dans les zoos, parce que c'est pareil. Les zoos donnent l'alibi de la conservation, de la préservation des espèces, de l'éducation des populations. Pour moi, c'est une grand imposture. Notamment sur la conservation, ils ne reversent au mieux qu'1% de leurs bénéfices à la réelle protection des animaux sur le terrain. Et doit-on sacrifier des animaux à vie, emprisonnés, pour notre seul intérêt alors que le leur est de vivre en liberté ? On le voit avec le confinement. Nous avons nous-mêmes du mal à supporter d'être enfermés, même avec un jardin. On ne le supporterait pas toute une vie. C'est ce que subissent les animaux pour divertir des foules.


Lion in the grass I, Kenya 2013 © Laurent Baheux

On voit une mode se développer dans certains pays du Proche et Moyen-Orient : Des lions sont enlevés de leur milieu naturel, pour être mis dans des cages sur les toits des immeubles et sont sortis de temps en temps, tels des animaux de compagnie...

C'est un peu un signe extérieur de richesse pour certains pays. C'est complètement ignorer les besoins de l'animal, c'est choquant oui.


Lions, Father and son, Kenya 2014 © Laurent Baheux

Que préférez-vous dans votre métier ?

Me sentir tout petit sur le territoire de l'animal. Pas comme un intrus même, si je le suis un peu. Me sentir un peu accepté par les animaux quand j'arrive à ne pas trop interférer sur le quotidien, pouvoir les observer sans trop les déranger. C'est ce que je préfère. Me sentir un peu transparent et à peu près, finalement, dans mon l'élément, au milieu de ces animaux sauvages. C'est cette reconnexion là avec la nature, qui m'intéresse.


Lionne scrutant l'horizon, Tanzania 2018 (C) Laurent Baheux

Êtes-vous tout seul sur le terrain ?

Il m'arrive de l'être, mais en général je suis avec un chauffeur sur place, qui me décharge de la partie conduite, qui peut être très très compliquée sur les pistes africaines. En binôme souvent.


Lion cubs and father, Tanzania 2018 ©Laurent Baheux

Avez-vous déjà eu peur ou été face à une situation de danger ?

Oui, ça arrive qu'on se mette un peu en danger involontairement. Les animaux sauvages sont de grands mammifères. C'est souvent par méconnaissance ou par mauvaise analyse de la situation. On dérange ou on stresse l'animal, on n'a pas perçu qu'on était entré dans sa zone de confort et qu'il peut, pour se protéger, être agressif mais pas gratuitement. C'est par notre présence qu'on peut le déranger et le mettre en mode protection soit de lui-même soit du clan, des petits. Avec les éléphants, oui ça peut arriver. C'est souvent quand on approche un peu trop près. Moi, j'aime bien rester à distance et laisser l'animal choisir la rencontre, le moment. On peut avoir des bonnes surprises... L'animal est libre de ses mouvements, donc c'est lui qui doit décider de la distance. S'il ne se sent pas agressé et en sécurité, on le voir très vite.


Lion cubs and father, Tanzania 2018 ©Laurent Baheux

Comment définissez-vous ce que vous faites ?

Je suis photographe. Un animaliste j'ai envie de dire, ni animalier ni naturaliste. Un peu entre les deux. Animaliste, de par mes convictions. On parle beaucoup d'animal sauvage, mais on pourrait parler d'animaux domestiques. Je suis végétarien, ça fait plusieurs années que je ne mange pas d'animaux, ni viande ni poisson, d'êtres vivants on va dire. Oui animaliste, ça me va bien...




Cover Lions Laurent Baheux teNeues

LE LIVRE 'LIONS'

Éditions teNeues

192 pages

Prix : 40€

En vente ici


Exposition LIONS

Du 20 juin au 27 septembre 2020

Moncoutant (79)

Pour plus d'infos sur les dates de l'exposition qui seront données prochainement :

www.laurentbaheux.com



Eloïse Maillot

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