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Qui va apprendre à Kurt Zouma, qu'un homme, ça s'empêche ? 

PAR ELOÏSE MAILLOT.

Crédit photo : Instagram @kurtzouma

Qui va apprendre à Kurt Zouma, qu'on ne frappe pas un chat... Qui va lui transmettre le respect des animaux ?

Les sanctions tombent et se multiplient depuis hier, contre le footballeur international né en 1994 à Lyon, et qui évolue au poste de défenseur à la West Ham United.

Si être sifflé sur le terrain à chaque fois qu'il touchait le ballon rond, hier, semble une mince humiliation publique face à de tels actes, Kurt Zouma a vu ses contrats avec Adidas et Vitality interrompus, et ce, malgré ses excuses.

Après la vidéo filmée et postée par son propre frère que l'on entend ricaner devant les coups assénés au chat tentant de fuir, et dans lequel il shootait comme dans un ballon de football après l'avoir jeté au sol, puis dans un plan suivant, le frapper violemment avec sa main... Kurt Zouma, selon plusieurs médias anglais, se serait vu infliger par son club, une amende de 300 000 euros (environ deux semaines de salaire pour lui), montant maximal qu’un club peut infliger à son joueur.

Mais encore, une pétition pour que ses animaux lui soient retirés a recueilli près de 200 000 signatures, ce qui serait acté à ce jour.

Certains disent qu'il n'est pas nécessaire d'aimer les animaux pour les respecter, c'est vrai. Mais ce qui est aussi certain, c'est qu'aimer les animaux implique le respect, indubitablement.

Après cette lapalissade que trop encore ignorent... que dire ?

Des tas de choses.


Les sanctions tombent, mais la société peut-elle appréhender ce manquement ? Comment apprendre à un homme d'1,90 m et de 95 kilos - si ce n'est à aimer les animaux -, à les respecter ?

Comment faire intégrer la notion de devoir de respect et de protection face à plus faible que soi quand on part de si loin, et quand la société elle-même, génère une violence inouïe à l'égard des bêtes ?


Il faut aller plus loin devant ces actes de maltraitance. Donner une peine exemplaire à un joueur qui représente la France et qui est suivi par toute une jeunesse.

Interdire à Kurt Zouma le fait de détenir des animaux, lui faire faire un stage de sensibilisation, ce qui est aujourd'hui possible, car dorénavant inscrit dans notre code pénal.


La loi votée en novembre 2021 par l'Assemblée Nationale, sanctionne jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 euros, le délit pénal d'acte de cruauté envers un animal. Et jusqu'à 75 000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement si ces actes entraînent la mort de l'animal.


Mais... une question se pose...


Que se passera-t-il quand Kurt Zouma ne sera plus sous le feu des projecteurs ? Lorsque la vidéo ne sera plus publiée ? Lorsque les rires ne seront audibles que de l'animal martyrisé et que la justice du web ne sera plus là pour se mobiliser, et se scandaliser ? Qu'attendre d'une société qui fabrique elle-même à 'échelle intensive', des actes qu'elle condamne individuellement, mais qu'elle se refuse à montrer quand cela concerne le bien commun, en plus de celui d'êtres vivants doués de sensibilité et d'intelligence ? Emmanuel Macron avait promis des caméras dans nos abattoirs, nous les attendons toujours.


Que se passe-t-il quand une société toute entière sanctionne d'un côté, un joueur hyper médiatisé aux envies irrépressibles de torturer un chaton pour éprouver sa propre non-virilité encouragée, mais ne sait pas s'appliquer à elle-même cette pensée camusienne, à défaut d'aimer... Un homme - une femme et une société aussi - ça s'empêche ?


Lien de la vidéo où Kurt Zouma maltraite son chat.


Eloïse Maillot

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