REGARD SUR LE MONDE SAUVAGE AVEC ADRIEN FAVRE

PAR ADRIEN FAVRE.

Toutes les photos et les textes sont extraits du livre d'Adrien Favre CARNET SAUVAGE

"J'ai découvert le travail d'Adrien Favre, photographe d'animaux sauvages et j'ai été époustouflée par la pureté et la beauté de ses photos. J'ai tout de suite tenu à les partager ici, avec vous. Des animaux sauvages fantastiques dans leur décor spectaculaire de neige immaculée et dans leur environnement naturel, qu'Adrien Favre approche et sait observer, qu'il capture sans jamais emprisonner ni leur faire de mal. Nous les comprenons peut-être un peu mieux grâce à la patience de son oeil que l'on devine aimer - plus que tout - la solitude de ces êtres exceptionnels, et dont il restitue toute la magie. À leur vue, le battement de coeur ralentit, la voix se tait, le souffle se retient et notre vanité d'homme se dissout pour laisser la place à notre humilité oubliée, creusant son chemin jusqu'à nos coeurs suspendus à leur lumière et à l'unisson, nous vibrons devant tant de grâce et de majesté. C'est enfin seulement, en regardant de plus près leur tranquillité paisible et notre temps retrouvé, flottant et interrompu, que nous nous rappelons la Vie. Archaïque, ancestrale, primitive, sans fioritures ni artefacts, celle que l'on aimerait rejoindre comme un retour à la source, tarie, mais auprès d'eux qui ne connaissent pas notre horloge humaine, ressuscitée, dans un regard croisé et dans une question qui tombe comme un murmure...

Qui observe qui ?"

Eloïse Maillot






Je traîne mon spleen loin du macadam, dans ces forêts, je me sens vivre.

J'ai juste l'envie de m'éloigner de cette humanité parfois inhumaine.

Je redeviens ce petit sauvage parmi le sauvage. J‘ai grandi comme un lion en cage dans une jungle urbaine.

Je souffre d'un mal incurable et intemporel : celui de mon époque mondialisée. Itinéraire d'un enfant du 20 ème siècle. En manque de repères, on perd le Nord même avec une boussole. Tout va trop vite. Je marche dans cette magnifique forêt, la cime des arbres tutoie le ciel.




Chaque pas est un brouhaha sans nom si ce n'est le mien. Je brise le silence des lieux par maladresse. Les présentations sont faites. Tous les habitants de la forêt m’ont repéré. 



Le pied trop habitué à battre le bitume, je me sens si maladroit.

Je voudrais partir si loin que je ne verrai plus que l'horizon quand je me retournerai. Loin des buildings et des fumées des usines. Loin du vacarme. Loin de nos dialogues de sourd.


La pluie bat les feuilles mortes après l’automne. Les larmes de ce monde s’entremêlent aux miennes. Je suis là connecté à mes racines, face à des arbres centenaires qui ont tant à m'apprendre.