Ukraine : du glam... à la guerre, la vie de Liudmyla aujourd'hui

PAR NOTRE AMBASSADRICE GENÈVE, VANINA COLONNA.

Liudmyla Skorokhodova

Vanina a rejoint l'aventure de Nouvelle Veg, en tant qu'Ambassadrice Genève et bientôt, nous vous la présenterons. L'urgence de la situation en Ukraine, et du témoignage de Liudmyla avec laquelle Vanina échange chaque jour depuis le début de la guerre, nous a fait publier ce billet le plus vite possible. Liudmyla craint pour sa vie... et Vanina a recueilli sa parole.




Liudmyla Skorokhodova vit à Kharkiv, en Ukraine.


Elle a un élevage de Chihuahuas et de Akitas Inu. J’ai vérifié après de très longs mois et eu la confirmation que Liudmyla possédait un élevage de qualité où les chiens sont toujours en liberté et vivent avec elle, dans sa maison familiale. C’est grâce à elle que j’ai eu mon chihuahua femelle, Crispy. Elle est venue me la déposer en mains propres, à Genève car elle s’y déplace régulièrement. C’est alors que je l’ai invitée à déjeuner et que nous nous sommes liées d’amitié.



Depuis le début du conflit, je prends des nouvelles de Liudmyla chaque jour. Comme tout le monde, je suis touchée par ces événements. Liudmyla a décidé de rester en Ukraine, à Kharkiv, pour protéger sa patrie et pour ne pas abandonner ses animaux qui sont, à cause de la guerre, mis dans des cages pour leur propre protection.


Hier soir, je lui ai demandé si elle était d’accord pour m’accorder une interview, car son histoire mérite d’être connue et interpelle. C’est alors qu’elle m'a répondu :


« Je veux que les gens sachent la vérité, en Ukraine, il y a un génocide et l’enfer à cause de Poutine ».

Crédits photos : Liudmyla Skorokhodova.


Je lui ai alors dit que je lui enverrai mes questions pour l'interview, demain matin.

Sa réponse, qui fut un électrochoc pour moi, a été : « Je ne sais pas si je vivrai jusqu’à demain, je t’écris brièvement maintenant sous les bombes, je peux mourir à tout moment. »


Cela fait six jours que Liudmyla vit avec son mari, son fils et sa mère dans la cave. Cela fait six jours qu’ils sont sous les bombardements, avec le bruit constant des sirènes et des explosions qui font trembler la terre de façon terrible. Liudmyla m’indique que les photos qu’elle m’envoie ne sont pas les pires, tout est détruit autour d’elle. Les Russes tirent et bombardent sur les civils, les enfants, les personnes âgées, les animaux, ils n’ont que faire de qui ils tuent, ajoute-t-elle dans son témoignage.

Beaucoup d’abandon d’animaux sont constatés sur place mais elle a choisi de rester près d’eux, par amour.


Elle me confie qu'elle n’entend plus... elle perd son audition, petit à petit, à cause des bombardements. Elle voit des briques tomber du plafond de sa cave.


Crédits photos : Liudmyla Skorokhodova


Hier, elle a sorti ses chiens pour la première fois, cinq minutes chacun, un par un, de peur que les Russes n'arrivent s’ils les entendaient aboyer. Cela fait six jours qu’elle sort toutes les trois heures de sa cave, au péril de sa vie, pour les nourrir.


Je comprends que l’on soit contre la marchandisation des animaux, c’est un système qui doit changer. Et en intégrant Nouvelle Veg, je souhaite m’ouvrir à toutes ces valeurs que je découvre de plus en plus et qui me parlent. Je souhaite aussi faire connaître à mon entourage cet art de vivre, car je suis très sensible à la cause animale et j’ai modifié ma façon de vivre par rapport à ça.

Je n’achèterai plus jamais par exemple de fourrures... eh oui, j’avoue en avoir portées ! Mais PLUS JAMAIS ! J’ai encore beaucoup à apprendre et grâce à Nouvelle Veg, je vais pouvoir m’initier et comprendre beaucoup de choses. Mon but est d’agir pour la cause végane !

Liudmyla me raconte qu’il y a beaucoup d’entraide entre amis et voisins. Ils partagent les vivres, l’eau et la nourriture pour chiens. Quand il y a de gros bombardements, ils prient tous ensemble et s’envoient des messages les uns aux autres.



Je lui ai alors dit que moi aussi... Moi aussi, je prie pour elle et les Ukrainiens, et je l'ai remerciée de partager son histoire avec moi, je lui ai dit que cela me touchait énormément.


Elle n’a pas accès de façon constante à Internet, à cause des bombardements.

Lorsque je regarde mon téléphone et que je ne la vois pas en ligne, je m’inquiète. La première chose que j’ai faite ce matin, a été de vérifier si elle s’était connectée sur WhatsApp, c'était bien le cas !


Liudmyla qui avait une jolie vie avant... me confie son espoir d'être entendue par nous tous, qui vivons à peine à quelques milliers de kilomètres de la guerre :


« Il faut que les gens sachent, je ne veux pas mourir en vain, vous devez arrêter ça. Allez dans la rue maintenant pour calmer ces monstres. »

Liudmyla, je pense à toi.

Ukrainiens, je pense à vous.


Vanina Colonna,

Ambassadrice Genève