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UN JEUNE DE 25 ANS TUÉ PAR DES CHASSEURS HIER DANS LE LOT

PAR LYSA BRUNEL ET ELOÏSE MAILLOT.

Ce mercredi 2 décembre, en fin d’après-midi, un jeune homme de 25 ans a été tué par des chasseurs lors d’une battue aux sangliers





Il s'appelle Morgan Keane ou s'appelait. Il coupait du bois à une centaine de mètres de chez lui.



La battue avait été autorisée par le maire du village. Ce drame a eu lieu dans les bois, au lieu-dit La Garrigue, à Calvignac dans le département du Lot.

Les pompiers ont été prévenus à 16h50 de l’accident mais lorsqu’ils sont arrivés sur place, le jeune homme était déjà décédé.

D’après les enquêteurs, ce serait un accident, le tireur aurait identifié un sanglier et n’aurait pas vu la victime dans les bois.

Ce dernier a été placé en garde à vue pour homicide involontaire. Les experts doivent se rendre sur place pour étudier les lieux et déterminer les circonstances exactes du drame.

Le président de la Fédération de chasse du Lot s’est confié : « Je trouve cet événement bien triste, surtout qu’on fait le maximum pour qu’il y ait de plus en plus de sécurité mais malheureusement, des accidents arrivent quand même. ».

Sources La Dépêche.


Dans le contexte très tendu entre pro et anti-chasse dû aux autorisations dérogatoires de chasse accordées pendant le confinement, et suite à l'appel publique de Willy Schraen à la désobéissance civile, ce drame fait renaître la polémique sur la dangerosité des parties de chasse et les décès qui surviennent chaque année en France, remettant ainsi en cause l'éternelle question du droit des chasseurs et des faveurs qui leur sont accordées.


La secrétaire d'État à la Biodiversité, Bérangère Abba a adressé ses condoléances et son soutien aux proches de la victime. Et précise que « L’enquête devra faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. »



UN FAIT SOCIÉTAL


Cela pose également dans un premier temps, la question de l'autorisation des conditions du permis du port d'arme et de l'obtention du permis de chasse de façon plus générale : Les chasseurs sont-ils assez formés et responsabilisés pour avoir accès à des armes et se voir confier, un permis de tuer ?


Mais également, quelle est leur formation et leur degré de qualifications et de connaissances sur la faune et la flore, puisque désignés comme gardiens de notre biodiversité ?

"En 20 ans, ce sont plus de 410 personnes qui ont perdu la vie des suites d'un des 2792 accidents de chasse recensés par l'ONCFS, dont 131 'accidents' pour la saison 2018/2019 comprenant 22 non-chasseurs et 7 'accidents' mortels dont 1 personne non-chasseur !"

De leur côté, les spécialistes de la faune et de la flore ainsi que les naturalistes analysent la situation sous l'angle, notamment, du problème de la gestion des espèces et de leur réintroduction dans la nature par les chasseurs, non pas pour la réguler la biodiversité mais pour la chasse uniquement et le plaisir de tuer, aggravant ainsi le problème du nombre de sangliers en France.

"Il y a une histoire très particulière des sangliers, lâchés par les humains pour que les chasseurs disposent de plus d'animaux à chasser" Pierre Rigaux.


Analyse partagée par François Moutou, de préciser : "On les tue tellement (les sangliers) qu'il faut en élever ailleurs pour repeupler ces enclos. Il y a aussi beaucoup d'argent en jeu qui fausse certaines discussions. On loue très cher les terrains de chasse, la production d'oiseaux gibiers rapporte de l'argent aux éleveurs. Il y a une très grande contradiction entre gérer des espèces d'un côté et les relâcher de l'autre. Aucun argument biologique ne justifie ce que disent les chasseurs. Les naturalistes le savent. "


Un marché paraît-il juteux.


Lysa Brunel et Eloïse Maillot


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N° ISSN 2739-8757